Saputo devra payer des amendes de 44 000 $ pour avoir fait de la publicité aux enfants de moins de 13 ans.
L'Office de la protection du consommateur (OPC) reprochait à Saputo d'avoir fait la promotion de ses gâteaux Igor dans des centres de la petite enfance du Québec. Plus de 20 chefs d'accusation pesaient sur Saputo dans plusieurs régions du Québec.
L'entreprise a plaidé coupable à 12 de ces chefs le 26 janvier au Palais de justice de Saint-Jérôme, dans les Basses-Laurentides, en vertu d'une entente conclue avec l'OPC tout juste avant le début du procès. Ce règlement prévoit que Saputo admette sa culpabilité à 10 autres chefs d'accusation du même acabit dans d'autres régions du Québec, a précisé Jean-Jacques Préaux, porte-parole de l'OPC.
Le tribunal a condamné Saputo à une amende de 24 000 $ au terme de la courte audience du 26 janvier. L'entreprise versera 20 000 $ supplémentaires lorsque ses plaidoyers de culpabilité auront été enregistrés pour les 10 autres chefs d'accusation.
La Coalition québécoise sur la problématique du poids (CQPP), qui a déposé la plainte contre Saputo à l'OPC, accueuille ce dénouement avec satisfaction.
«Une amende de 44 000 $, c'est bien peu dans le budget global du lancement d'un produit. Ce qui nous réconforte, c'est que l'impact de la décision sur la réputation de l'entreprise devrait faire en sorte qu'elle ne recommence pas», a commenté la directrice de la CQPP, Suzie Pellerin.
L'agence de pub est poursuivie
L'entente qu'ont signé l'OPC et Saputo clôt la poursuite contre l'entreprise bien connue pour ses fromages et ses gâteaux Vachon.
L'agence P2P Promotion publicité, qui a conçu la campagne Igor pour Saputo, reste cependant sous le coup de 15 constats d'infraction. La firme risque une amende de 30 000 $ si elle est reconnue coupable.
Le tribunal pourrait entendre la cause de P2P quelque part ce printemps, estime Jean-Jacques Préaux. Elle pourrait aussi décider de conclure une entente hors cour avec l'OPC, comme l'a fait Saputo.
D'autres multinationales ciblées
La Loi sur la protection du consommateur interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans. Cela vaut tant pour la diffusion ou la publication de messages que pour la distribution de matériel.
Saputo avait pourtant choisi cette dernière avenue pour faire connaître ses gâteaux en forme de gorille aux enfants. Elle a ainsi distribué des disques compacts, des livres, des autocollants, des gâteaux Igor et des bons de réduction applicables à l'achat du produit dans 231 garderies du Québec.
La CQPP et l'OPC ont trois autres multinationales dans leur mire au sujet de la publicité faite aux enfants. Et pas les moindres:
• Burger King, pour des publicités sur un programme de remise de primes-jouets
• General Mills, pour le site Internet luckycharms.ca
• McDonald's, pour une publicité et une séquence vidéo dans le cadre de la commandite de l'émission Ciné-Cadeau, diffusée à Télé-Québec en décembre 2007
La cour n'a encore déterminé aucune date d'audition pour ces trois causes, mais d'après la CQPP, elles pourraient être entendues au cours de 2009.
Sources:
Office de la protection du consommateur
Coalition québécoise sur la problématique du poids
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