Claire Deguire Boyer
Photo: Réjean Poudrette
«Jamais trop tôt, souvent trop tard…»
Par Claire Deguire Boyer
«L’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) détient de grandes connaissances sur le vieillissement. Mais vivre ce vieillissement, c’est autre chose! À son expertise, l’IUGM m’a demandé d’ajouter ma voix: celle d’une aînée de 81 ans qui réagit au contenu du présent guide.
«J’ai accompli ma tâche avec bonheur et honneur. Ô combien j’aurais apprécié avoir tous ces renseignements il y a 20 ans! Dans ma vie d’adulte, je ne m’étais jamais posé la question: comment ce sera quand j’aurai 80 ans? Je ne pensais pas à la vieillesse… comme si elle n’allait jamais arriver. Je saurai bien quoi faire en temps et lieu, me disais-je. Et pourtant…
«Je découvre qu’on ne peut pas commencer trop tôt à préparer sa vieillesse, mais qu’on peut certainement commencer trop tard! Les textes de ce guide pratique m’ont d’abord rappelé qu’il est possible d’adopter très tôt dans la vie des moyens simples pour prévenir, au moment du grand âge, des ennuis de santé et des accidents. Ma lecture m’a aussi permis de me rendre compte que les nombreuses décisions que nous avons à prendre en tant qu’aînés sont souvent difficiles et demandent du temps de réflexion et de l’accompagnement. Alors, pourquoi attendre ce moment de grande vulnérabilité qu’est la vieillesse pour commencer à songer à notre testament, à nos souhaits de fin de vie, à trouver un possible proche aidant qui saura nous accompagner?
«Le contenu du guide s’est avéré pour moi un joli prétexte pour amorcer des discussions importantes avec mes enfants, mes frères, ma sœur… Et grâce à ces échanges, j’en suis venue à nommer un besoin qui m’habite de plus en plus. Bien malgré moi, je dois reconnaître que j’ai besoin des autres! Et ça, c’est difficile! Je suis de plus en plus dépendante, alors que je continue de vouloir être pleinement autonome, de gérer mes affaires à mon goût.
«J’ai non seulement besoin de quelqu’un pour me soigner, me transporter, mais j’ai aussi besoin de quelqu’un qui pense à moi, qui continue à avoir besoin de moi, de mes conseils, de mon expérience, de mon affection, de ma sagesse, de quelqu’un qui s’intéresse à moi, à ce que je vis, à ce que je suis. J’ai besoin de moments d’échange réguliers avec les autres pour créer et nourrir des liens qui sont essentiels pour rester en contact avec le monde d’aujourd’hui. J’ai besoin de quelqu’un qui m’accompagne dans ce que je deviens et qui sera là jusqu’à la fin.
«Être accompagné sur les derniers sentiers de notre vie, être considéré comme quelqu’un qui peut encore être utile, sont des cadeaux précieux qui touchent le cœur et qui font vivre pleinement. Je nous souhaite à chacun d’entre nous de recevoir cet hommage. Ainsi, de grands moments de plénitude et de bonheur intenses nous seront possibles, puisque nous savons encore aimer… peut-être même plus et mieux qu’avant.»