Photo: Alexandre Delbos
Les rituels funéraires ont beau changer, certaines choses demeurent, telle la place qu’occupent la musique et les chants lors de ce difficile passage. Qu’il s’agisse de musique profane (chansons populaires, opéras, marches funèbres), ou de musique religieuse (motets, odes, cantates, requiem), la musique fait partie des funérailles depuis toujours. Nous puisons aujourd’hui dans un répertoire plus vaste, mais peu importe la variété des choix qui s’offrent à nous, la musique a toujours pour effet d’appuyer les rituels funéraires qui, d’une certaine manière, sont une sorte de voie d’accès au sacré.
La mort serait d’autant plus triste s’il n’y avait pas quelques notes sur lesquelles s’accrocher pour ne pas sombrer. «Puisque ta maison, aujourd'hui c'est l'horizon, Dans ton exil, essaie d'apprendre à revenir» (Puisque tu pars, Jean-Jacques Goldman). Pourtant, il faut bien admettre que la musique sait se faufiler dans ce repli du cœur où se terrent les larmes les plus lointaines. Faut-il conclure qu’elle augmente la douleur pour certains? Marilou, du site d’entraide La Gentiane, a su trouver les mots pour exprimer de quelle manière la musique opère: «Je crois que la musique a pour rôle de faire sortir des émotions, de les accompagner, de nous accompagner».
Les paroles des chansons sont un puissant véhicule pour aider à panser les plaies, ou encore un déclencheur extraordinaire pour contacter la souffrance inhérente à la perte d’un être cher. Il s’agit de déterminer à quel moment on veut les voir entrer en action et quels objectifs on souhaite atteindre.
De la musique pour aider à accepter
Plusieurs éléments entourant le décès peuvent être repris au moment des obsèques. Dès lors, le processus de deuil se met en marche. Prendre le temps de dire adieu revêt tout son sens lors d’une mort subite et inattendue. «On ne choisit pas toujours la route Ni même le moment du départ» (Si fragile, Luc De La Rochelière). Quand le choc nous rend sans voix, que les mots sont de trop, il y a toujours la musique pour traduire ce qu’on ne parvient plus à dire. À cet effet, l’Ave Maria de Schubert est une œuvre sans âge qui a su traverser le temps et qui permet encore aujourd’hui une certaine réconciliation avec les épreuves de la vie.
Personne ne remet en cause le bien-fondé de la musique et des chants à un moment où tout le soutien possible est requis. «La vie c’est court, mais c’est long des p’tits bouts», nous disait Dédé Fortin (Les Colocs). Des grands bouts, corrigeront les endeuillées qui peinent à se relever de l’épreuve qu’ils subissent. Parce que la vie continue, il faudra une bonne dose de courage pour remettre en branle le navire, et retrouver l’espoir en des jours heureux. Pour ce faire, se tourner vers ceux qui restent, sans toutefois oublier la personne décédée, demeure encore la meilleure voie de secours.
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