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Première politique bioalimentaire: saisir l’opportunité de contribuer à la saine alimentation, à la santé et au bien-être des Québécois!

Par: Coalition Poids, partenaire de Protégez-Vous.ca

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Mise en ligne : 21 septembre 2011

Par Anne-Marie Morel

Le 7 juin dernier, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil, dévoilait Donner le goût du Québec: livre vert pour une politique bioalimentaire (PDF). Ce document, qui propose les bases de ce qui sera la toute première politique bioalimentaire du Québec, était attendu par nombre de citoyens et d’organismes qui s’intéressent à la question et ont participé, entre mai 2006 et janvier 2008, aux travaux colossaux de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ). La Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) est l’un de ces groupes.

Qu’est-ce qu’un livre vert?
Un livre vert «est un document soumis à l'Assemblée nationale par le gouvernement et qui porte sur une question d'intérêt public. Il expose la problématique, les objectifs qui peuvent être poursuivis à l'égard de cette question, les moyens qui peuvent être mis en œuvre pour résoudre la problématique, mais sans toutefois spécifier l'option que le gouvernement privilégie».

Considérant l’ampleur des consultations présidées par Jean Pronovost dans le cadre de la CAAAQ, l’accueil qui a été fait au livre vert du ministre Corbeil et à la nouvelle consultation générale qui l’accompagne a été très partagé. Plusieurs groupes ont en effet souligné l’urgence d’écourter les discussions de façon à mettre en place des actions concrètes dans les plus brefs délais.

Pourquoi avons-nous tant besoin d’une politique bioalimentaire?
D’abord, il faut savoir que le terme bioalimentaire englobe toutes les étapes et également tous les acteurs qui font partie de la chaîne alimentaire, du producteur jusqu’au consommateur. Il s’agit donc d’une politique qui offre de multiples opportunités d’actions pour améliorer l’offre alimentaire aux citoyens et minimiser les impacts négatifs d’une offre de piètre qualité sur l’alimentation, la santé et le bien-être.

Bien que le livre vert mentionne que la politique bioalimentaire contribuera à relever divers défis importants pour la société québécoises dont la santé, il qualifie cette politique alimentaire de «politique économique». Or, une politique dont les impacts sur l’alimentation des citoyens sont aussi directs se doit d’être un outil établissant un juste milieu entre la fonction nourricière des denrées alimentaires et leur rôle économique.

Le livre vert1 en quelques mots…
Pour introduire le livre vert, le gouvernement s’est doté d’une vision qui consiste à «Faire du bioalimentaire un secteur reconnu pour ses produits alimentaires distincts et de qualité ainsi que pour sa contribution à l’essor économique du Québec et à la vitalité de ses régions dans une perspective de développement durable». Le produit alimentaire et le consommateur qui se le procure sont donc au cœur de la future politique.

Cette vision repose sur trois orientations principales:

  1. Distinguer les produits alimentaires québécois
  2. Renforcer la capacité concurrentielle des entreprises bioalimentaires québécoises
  3. Valoriser l’environnement et le territoire


Chacune de ces orientations se déclinent ensuite en différents objectifs précisant la portée de chacune d’entre elles et illustrant certaines voies d’actions.

Et la saine alimentation dans tout ça?
Le rôle global de la politique bioalimentaire à l’égard de la santé apparaît timidement dans ce document. Pourtant, l’environnement alimentaire, qui regroupe notamment la qualité de l’offre alimentaire, l’accès physique et économique aux aliments sains, ainsi que les renseignements transmis aux consommateurs via l’emballage, l’étiquetage et le marketing alimentaire, est un facteur ayant contribué à l’épidémie actuelle d’obésité.2 3

Rappelons-nous que les coûts annuels de cette épidémie d’obésité sont estimés à 30 milliards de dollars au Canada 4. Conséquemment, les actions dans tous les secteurs de la chaîne bioalimentaire peuvent avoir des impacts majeurs sur la saine alimentation des citoyens et peuvent contribuer à solutionner les problèmes liés à l’obésité et aux maladies associées (cancer, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, etc.).

D’ailleurs, les responsabilités et collaborations du MAPAQ dans le cadre du Plan d’action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012, Investir pour l’avenir font un témoignage éloquent de l’importance du secteur bioalimentaire en matière de saine alimentation et suggèrent certaines actions qui pourraient être intégrées avec cohérence dans la future politique bioalimentaire.

Dans son mémoire intitulé Réconcilier l’industrie bioalimentaire et les consommateurs: Saisir l’opportunité de contribuer à la saine alimentation, à la santé et au bien-être des Québécois et lors de son audience devant la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) le 20 septembre dernier, la Coalition Poids a souligné ces éléments aux membres de la commission, en plus de démontrer la faisabilité d’actions concrètes pouvant permettre au gouvernement et aux Québécois de saisir cette opportunité de construire un système bioalimentaire qui contribue au plaisir de s’alimenter sainement et à la santé des citoyens.  

Comment en savoir plus?
Les auditions de la CAPERN se sont amorcées dans la semaine du 19 septembre et sont actuellement en cours. La CAPERN a reçu près de 200 mémoires adressant des problématiques diverses dont la santé de la population, le développement durable, la préoccupation écologique, le financement et la viabilité du secteur agricole, etc. Tous les mémoires, à moins d’avis contraire, sont des documents publics qui peuvent être consultés sur le site de l’Assemblée nationale où il est également possible de suivre les travaux de la CAPERN.

________________

1 MAPAQ (2011). Donner le goût du Québec: livre vert pour une politique bioalimentaire (PDF). Repéré le 8 juin 2011.
2 Lake A. & Townshend, T. (2006). Obesogenic environments: exploring the built and food environments. JRSH, 126(6), 262-267.
3 Story, M., Kaphingst, K.M., Robinson-O’Brien, R. & Glanz, K. (2008). Creating Healthy Food and Eating Environments: Policy and Environmental Approaches. Ann. Rev. Public Health, 29,253-272.
4 Behan, D.F. & Cox, S.H. (2010). Obesity and its Relation to Mortality and Morbidity Costs. Society of Actuaries (PDF). Repéré le 5 août 2011.

Coalition Poids

Notre mission :

Le mandat de la Coalition Poids est de susciter les appuis nécessaires pour revendiquer des modifications législatives, réglementaires et des politiques publiques afin de favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé qui contribueront à prévenir les problèmes de poids.

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