Photo: Yves Barrière
C’était au printemps dernier à la veille des séries éliminatoires de hockey. Pour une des rares fois ces dernières années, le Canadien de Montréal allait y participer.
Ça promettait d’être excitant. J’allais redécouvrir ce sport que j’aime tant. Pendant des années, j’ai boudé mon plaisir, n’en pouvant plus de regarder des matchs où l’accrochage imposait sa loi.
Mais j’avais un problème de taille. Mon téléviseur était tellement vieux que je voyais à peine la rondelle. Vite au magasin pour m’en acheter un nouveau. Surtout que les rabais pullulaient, les marchands d’appareils électroniques ayant senti le pactole.
Comment résister? En mettant le pied chez le détaillant, je vois des centaines de téléviseurs me faire de l’œil en présentant en reprise les prouesses des Kovalev, Markov et Price.
Un vendeur ne tarde pas à me présenter mon éventuel ami HD à tête plate: «Pas cher! Pas cher! 899 $.» C’est vrai que ça ne semble pas cher. Surtout avec la promesse de la qualité haute définition que les animateurs aux rides un peu trop prononcées appellent «haute destruction».
Mais pour bénéficier de la vraie haute définition, il me faut, me dit le vendeur, la nouvelle technologie HDMI. Et pour y avoir droit, je dois acheter un récepteur de télévision numérique HD, gracieuseté de Vidéotron.
– Ça coûte combien?
– Pas cher! Pas cher! Surtout que cet appareil est en solde. Nous payons l’équivalent des deux taxes.
– Mais je croyais avoir lu sur vos réclames que ce rabais s’appliquait à tous vos produits!
– Mais non, M. Gravel. Il ne s’applique qu’à certaines marques. Par chance, à votre récepteur aussi.
– Bon, j’imagine que j’ai mal lu, comme toujours. C’est combien?
– 249 $. Vous allez voir, ça vaut la peine!»
J’étais rendu à un peu plus de 1000 $. Rien de trop beau pour nos Glorieux!
– Allez-vous prendre un câble audio-vidéo HDMI de trois pieds ou de six pieds?
– Pourquoi un câble?
– C’est nécessaire pour que ça fonctionne.
– Ça coûte combien?
– Pas cher! Pas cher! 99,99 $ pour un câble d’une longueur de six pieds.»
100 $ pour un fil! Faut le faire!
Finalement, mon téléviseur m’a coûté la rondelette somme de 1400 $ alors qu’on m’annonçait au départ 899 $. Pour couronner le tout, j’apprends qu’il me faudra payer 6 $ de plus par mois à Vidéotron pour les frais de réseau et l’accès HD.
Après mon téléviseur, j’ai changé ma voiture. Quand je demande le prix pour l’ajout du régulateur de vitesse, on m’annonce platement que, pour l’avoir, je dois acheter un groupe d’options. Mais je n’en ai pas besoin!
J’aime quand les choses sont claires. Quand j’achète, je veux l’heure juste. Malheureusement, cette approche de vente avec frais cachés semble de plus en plus répandue. L’idée est de mettre le bras du client dans le tordeur pour qu’il ne puisse plus reculer.
Dernière mésaventure. En surfant sur Internet à la recherche d’une voiture de location pour des vacances dans l’Ouest canadien, je tombe sur un rabais: 700 $ pour une voiture intermédiaire pour une durée de deux semaines.
J’indique que la location s’effectuera à Calgary et la remise à Vancouver. Le prix affiché demeure le même. Mais dès que j’accède au processus de réservation, les ajouts se multiplient (frais de retour sub-stantiels entre Calgary et Vancouver, frais d’installation, taxes de tous ordres, etc.). La facture finit par doubler.
Pourquoi ne pas le dire tout de suite? Dans toute cette histoire, je n’aurai qu’une mince consolation: pas besoin de décodeur numérique à 250 $, ni de fil à 100 $ pour admirer en direct les belles montagnes Rocheuses durant mes vacances.
Oups! J’avais oublié l’augmentation du prix de l’essence.

Alain Gravel est journaliste
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