Notre texte gagnant du mois d'avril nous a été envoyé par Louis Perron de Trois-Rivières. Félicitations à notre heureux gagnant!
En 1973, j'achetais ma première Beetle neuve. Habitué déjà à gratter les vitres à l'intérieur à cause d'absence de chauffage approprié à notre climat, cette fois une neuve payée 2800 $ et correspondant à mon budget de jeune gradué me donnerait un bien meilleur rendement que les quatre précédentes usagées que mon statut d'étudiant m'autorisait jusqu'alors.
Cette Beetle était beaucoup moins chère qu'une simple Plymouth Duster (4500 $) et beaucoup plus fiable que les Toyota Corolla qui refusaient toujours de démarrer par temps froid sur nos campus.
Elle était un meilleur choix que les Toyota Crown dont la liste des problèmes courants était très longue, décourageante et dispendieuse à régler, que les Honda cabriolet deux places (compétiteurs de la MG d'alors) dont les pièces étaient plus que rares et disponibles seulement dans les grandes villes, et enfin plus coquette que les Datsun (aujourd'hui Nissan) qui à ce moment étaient les meilleures et les plus fiables des japonaises.
Toutefois, après quelques années de travail, tous nous aspirions évidemment à la «belle américaine» puissante, luxueuse, fiable et confortable. Les concessionnaires des trois grands étaient évidemment prêts à nous vendre des «muscle cars», mais sans prendre nos petites économiques en échange. C'était presque honteux d'avoir ces autos de petit format dans leur inventaire d'usagées.
Après 35 ans, la situation a bien changé. Les japonaises sont devenues des produits fiables, recherchés dans le marché de l'usagé et à plus grande valeur. Les petites américaines qui ont connu toutes sortes d'aventures afin d'essayer de se positionner ont pris du recul.
Les histoires abracadabrantes des propriétaires de la Chevrolet Vega, ou encore de la Ford Pinto qui mettait le feu aux feuilles mortes, ou encore la liste des problèmes de la Dodge Colt ont fait que nos trois grands ont maintenant perdu cette arrogance qui les a si longtemps démarqués par la dominance du marché.
Après avoir vendu des mécaniques asiatiques cachées dans des carrosseries américaines, il ne reste que le nom du produit, car tout le contenu de certaines petites américaines n'a plus de l'Oncle Sam que son appellation. Qui plus est, les concessionnaires japonais préfèrent les voir passer par la vente à l'encan plutôt que de les avoir sur leur terrain avec les japonaises de souche.
«Le ver l'a mangé!», comme le dit la publicité.
Qu'adviendra-t-il du marché de l'auto d'ici 2043? Le vert, l'économie d'énergie, la sécurité et quoi encore?
Les jeux sont faits, rien ne va plus!