Introduction
Photo: Serge Froment
Pierre Sauvageau (photo) et sa femme n’osent plus regarder leurs relevés de placements.
«C’est trop démoralisant, nous accusons des pertes énormes! lance-t-il. Nos conseillers disent de ne pas changer notre portefeuille puisque la situation devrait se rétablir dans quelques années. Or, nous sommes déjà dans la soixantaine. Combien d’années devons-nous attendre?»
Il n’est pas le seul à se poser cette question. Selon un sondage réalisé sur notre site Internet en novembre 2008, deux travailleurs sur cinq prévoient repousser leur retraite, le temps que leurs placements reprennent de la valeur.
Pierre Sauvageau, qui est déjà à la retraite, compte plutôt réduire certaines dépenses. «On prévoyait faire un voyage d’un mois en Italie, mais on va oublier ça, dit-il. On va rester à la maison.»
Le portefeuille de M. Sauvageau est composé à 60 % de placements garantis et à 40 % d’actions, ce qui est un peu téméraire compte tenu de son âge.
«Avoir un tel portefeuille au début de la retraite me paraît risqué, dit Yvan Fournier, planificateur financier. Détenir de 25 à 30 % d’actions serait plus sûr.» Évidemment, tout dépend de votre profil d’investisseur. Certains sont plus audacieux, d’autres plus prudents.
«Jouer à la Bourse, c’est comme jouer au casino, affirme Yves Michaud, ex-président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC). Quand on arrive à la retraite, il faut protéger son capital. Il ne faut pas chercher à faire fortune.»