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Récession: repenser son mode de vie

Par Rémi Maillard

Mise en ligne : juin 2009


«Vivre plus simplement pour vivre mieux»

Photo: Yanik Chauvin

 

 

 

 

 


LOUIS CHAUVIN
est président du Réseau québécois pour la simplicité volontaire et professeur de stratégie à la faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, à Montréal.



D’où viennent nos problèmes?

La crise économique et financière, la pollution ou les changements climatiques ne sont que des symptômes. La vraie maladie en arrière de tout cela, c’est notre hyperconsommation. Il faut absolument sortir de cette illusion que nous vivons dans un monde aux ressources illimitées et trouver un système qui maintienne un niveau de vie raisonnable pour tous, avec un meilleur partage de la richesse.


Comment y parvenir?
Tout d’abord, nous devons prendre conscience du fait que consommer à outrance est une forme de toxicomanie. On sait aujourd’hui que cela libère certaines substances chimiques dans le cerveau, notamment de la dopamine, qui est extrêmement addictive. Et comme toutes les drogues, il en faut toujours plus, parce que la sensation de plaisir que nous éprouvons en achetant un objet est temporaire. Résultat: nous sommes pris dans une course effrénée au plaisir, alimentée par une publicité omniprésente. Ensuite, nous devons comprendre pourquoi nous nous comportons ainsi; souvent, notre impulsion à surconsommer sert à combler le vide que nous ressentons.


Faut-il arrêter de consommer?
Pour nos besoins réels, non, évidemment! En revanche, nous devons cesser d’associer l’hyperconsommation à l’idée que nous nous faisons du progrès, du bonheur ou du bien-être. Et ne plus confondre le plaisir avec le bonheur. Même si cela va à contre-courant de la société dans laquelle nous vivons, nous devons nous réapproprier le temps, faire des activités pour nous et avec nos proches, arrêter cette course folle pour revenir à ce qui est réellement fondamental. Autrement dit, vivre plus simplement pour vivre mieux. Quand on parvient à mieux voir qui on est, on devient plus solide et moins influençable par les quelque 700 milliards de dollars que les publicitaires dépensent chaque année pour nous inciter à posséder toujours plus.


Quel avenir pour la planète?

Notre mode de vie basé sur la croissance perpétuelle, sur la multiplication des objets et leur obsolescence planifiée n’est pas viable. Si tous les habitants de la planète consommaient autant que nous – et de quel droit pourrions-nous le leur refuser? –, il nous faudrait quatre ou cinq planètes. À court ou à moyen terme, la simplicité est donc inévitable. Reste à savoir si elle sera volontaire ou involontaire.


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