20-11-2008: Scandales alimentaires à la sauce japonaise
Scandales alimentaires à la sauce japonaise
Vous pestez contre les charcuteries et les fromages contaminés à la Listeria monocytogenes, qui ont forcé le retrait de centaines de produits cette année? C'est parfois en se comparant qu'on se console.
Il est toujours amusant de voir comment une
entreprise adapte ses produits aux goûts
d’une population. Prenez ces croustilles
aromatisées au «french consommé»...
qui goûtent vraiment le consommé!
Ces temps-ci, pas un mois ne passe sans qu'un scandale alimentaire n'éclate au Japon. En octobre, un fabricant de saucisses et de pizzas a rappelé 2,7 millions de produits parce qu'ils pouvaient contenir trois fois trop de cyanogène, un gaz toxique. Le jour précédent cet événement, une autre entreprise rappelait 500 000 emballages de nouilles préparées à cause de la présence excessive d'un insecticide ayant occasionné des vomissements chez des clients. Deux semaines plus tôt, un importateur de fèves se faisait prendre avec des produits contenant un taux 34 000 fois trop élevé d'un autre insecticide.
Le riz en cause
Scandale. Le mot n'est pas trop fort quand le principal aliment consommé au Japon, le riz, est en cause. En septembre, un grand distributeur d'Osaka, Misaka Foods, a reconnu avoir vendu pendant six ans du riz comportant deux fois trop de pesticides.
Résultat: des cas d'intoxication et des rappels massifs de saké, d'onigris – des boulettes de riz enveloppés de feuilles d'algue – et de riz utilisé dans les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées et les écoles. En effet, Misaka est un important fournisseur du gouvernement.
Derrière le scandale: la soif de profits. Mikasa achetait le riz contaminé entre 4 et 15 ¢ le kilo. Mais au lieu de le revendre à petit prix à des entreprises non alimentaires (entre autres, à des fabricants de colle), il trafiquait les documents pour écouler le riz à près de 90 ¢ le kilo chez les fabricants d’aliments. Voilà qui peut vite dégénérer quand on ne sait pas où a été vendu le produit alimentaire «fini».
Deux pays sans dents
Qu'on parle de listériose ou de riz contaminé, le Japon et le Canada ont un point en commun: aucun des deux pays n'oblige les entreprises à maintenir un registre de traçabilité des produits. Pourtant, ils ne peuvent certes pas plaider que personne ne le fait: cette obligation est en vigueur aux États-Unis et dans l'Union européenne.
Il s’agit d’une situation étrange dans un pays comme le Japon, qui a la réputation d'être obnubilé par l'hygiène.
Vénérables Japonais
De toute évidence, le laxisme gouvernemental en matière de protection de la santé n'empêche pas les Japonais de vivre vieux. L'an dernier, on recensait 36 000 centenaires parmi les 125 millions d'habitants. Toutes proportions gardées, c'est presque deux fois plus qu'au Canada. Par exemple, dans une ville comme Laval, on retrouverait 60 centenaires. À Toyohashi, dont la population est similaire, ils seraient 110.
L'alimentation serait une grande partie de l'explication. Une étude récente démontre que les Japonais meurent moins de problèmes cardiaques que les Américains, notamment parce qu'ils consomment davantage de poisson. Le taux d'acides gras oméga-3 dans l’organisme des Japonais serait deux fois plus important que chez les Américains, ce qui les protégerait mieux de problèmes comme l'artériosclérose.
Amateurs de sushis, faites-vous plaisir!
On dit les Japonais flegmatiques, mais ils peuvent avoir un bon sens de l'humour. Cette boisson à l'orange d'une couleur presque noire en témoigne. L'entreprise joue sur cette originalité grâce à une petite mise en garde amusante au bas de la bouteille.
Au Japon comme ailleurs, les produits destinés aux étrangers sont souvent hors de prix. Dans ce dépliant trouvé parmi la paperasse dans ma microscopique chambre d'hôtel d'Osaka – celle-ci fait deux mètres sur trois, salle de bains incluse –, les prix pour une grande pizza varient de 2520 à 4080 yens, soit de 32 à 52 $!