Finances: mauvaise année pour les contribuables

L’année qui vient devrait épargner le consommateur en vous, mais sûrement pas le contribuable.
Au chapitre de la consommation, le prix de l’essence et les taux hypothécaires ne devraient fluctuer que légèrement. Il en va autrement des taxes et tarifs gouvernementaux.
Les finances publiques se portent mal et les gouvernements cherchent de nouveaux moyens d’augmenter leurs revenus sans hausser les impôts, note Michel Van de Walle, chroniqueur économique à ruefrontenac.com.
Services plus chers
Les étudiants savent déjà qu’il leur en coûtera 100 $ de plus par année pour fréquenter l’université, conformément à un programme quinquennal d’augmentation des droits de scolarité amorcé en 2007.
«Il faut s’attendre à une hausse des tarifs, surtout du côté des ministères et agences du gouvernement québécois qui délivrent des permis, comme la Société de l’assurance automobile du Québec. Peut-être même que Québec devancera la hausse de 1 % de la taxe de vente prévue pour 2011.» Et tout indique, selon lui, que l’électricité coûtera plus cher.
Vos impôts vérifiés
Les déclarations de revenus seront aussi scrutées à la loupe, prédit Yannick Clérouin, directeur de l’information au journal Les Affaires.
«Québec et Ottawa ont envie d’aller chercher plus de sous dans nos poches. Ils vont donc resserrer les contrôles fiscaux auprès des particuliers et des entreprises. Québec a déjà recruté du personnel supplémentaire aux enquêtes.»
Comme un malheur n’arrive jamais seul, M. Clérouin entrevoit une hausse des taux hypothécaires à compter de l’été. «On peut s’attendre à une hausse progressive sur douze mois de l’ordre de 1,75 %. Les détenteurs d’hypothèque à taux variable que les fluctuations empêchent de dormir devraient songer à souscrire maintenant à un emprunt à taux fixe. Les taux actuels sont avantageux.»
Conseils de placements
À moins que la Banque du Canada n’annonce une improbable hausse substantielle de son taux directeur au cours de la prochaine année, ajoute M. Clérouin, les épargnants devraient oublier les certificats de placement garantis et les comptes d’épargne à haut rendement «dont les revenus après impôts et inflation sont négatifs». Il vaut mieux se tourner vers les fonds communs et les obligations, estime-t-il.
Michel Van de Walle invite plutôt les investisseurs à profiter de la reprise boursière. «On peut s’attendre à une croissance des indices boursiers de l’ordre de 10 % à 15 %. Investir dans les fonds indiciels est une bonne façon d’en profiter. Çe ne coûte pas cher et les seuls risques encourus sont liés au marché et non pas, comme dans le cas des fonds communs, à la performance d’un gestionnaire ou des entreprises cotées en bourse.»
Enfin, ceux qui n’ont pas d’argent à investir devraient se réjouir d’une relative stabilité des prix à la pompe, croit le chroniqueur de ruefrontenac.com. «Le prix du pétrole ne descendra pas sous la barre des 70 $ US le baril; il pourrait remonter à 80 $ ou 100 $, mais pas en 2010. Du coup, le prix du litre d’essence devrait rester dans une fourchette de 1 $ à 1,25 $.»
Texte: Jean-François Gazaille