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Prévisions 2010 en consommation

Par l'équipe de Protégez-Vous

Mise en ligne : janvier 2010


Environnement: l'année de la conscience verte

Sous la pression de l'opinion publique et des consommateurs, le début de cette nouvelle décennie sera résolument «vert»... au moins dans les discours des gouvernements et des entreprises.

L'année 2010 devrait être marquée par le renforcement des technologies «propres», par la prise de conscience que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables et par l'émergence de modes de consommation moins dommageables pour la planète.

On peut en tout cas l'espérer!


Technologies vertes

Même si elle est plus lente que prévue, la reprise économique pourrait passer en partie par des plans de relance «verts» que lanceront plusieurs gouvernements, notamment dans l'Union européenne et aux États-Unis.

Les préoccupations environnementales n'étant pas le fort de l'actuel gouvernement à Ottawa, le Canada risque une fois encore de se voir distancé par les principaux joueurs dans le monde, y compris un pays émergent comme la Chine qui a d'immenses projets en chantier.

Une économie plus «verte» passe par l'abaissement des niveaux de pollution de l'industrie et des grands secteurs d'activité – par exemple, une réduction de 30 à 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020 –, et donc la mise au point et la généralisation de technologies «propres». En conséquence, des secteurs comme les énergies renouvelables (éolienne, solaire) et les transports «écoresponsables» (véhicules hybrides, électriques) devraient prendre plus de place dans l'économie.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, les ventes de technologies «propres» (solaire, éoliennes, etc.) devraient augmenter de 15 % par an pour les énergies renouvelables, et de 5 % pour ce qui concerne l'efficacité énergétique.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime d'ailleurs que les technologies vertes sont en voie de devenir le troisième secteur industriel mondial au cours de la prochaine décennie, derrière l'automobile et l'électronique. Certains pays sont particulièrement actifs dans ce domaine: les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, les pays scandinaves et la Chine.


Ressources limitées

Si le récent sommet de Copenhague a souligné les divergences de vues entre pays industrialisés du Nord et pays émergents en matière de lutte contre les changements climatiques, il a aussi mis en évidence le caractère limité des ressources naturelles de notre planète.

Malgré le discours actuel des gouvernements, l'idée même de «croissance indéfinie» va donc probablement être de plus en plus débattue.

De même, le quasi-monopole du PIB (produit intérieur brut) sera de plus en plus contesté au profit d'autres indicateurs de progrès. En dépit de ses imperfections, la notion d'«empreinte écologique», par exemple, pourrait être de plus en plus utilisée.


Eau précieuse

Enfin, la question de l'eau sera plus que jamais au centre de l'actualité. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), sa consommation mondiale a augmenté deux fois plus vite que le taux de croissance démographique au cours du siècle dernier.

Résultat: la pénurie d’eau touche déjà tous les continents et plus de 40 % de la population de la planète. Et si rien n'est fait, la FAO prévoit que près de deux milliards de personnes vivront dans des pays ou des régions victimes de pénuries d’eau absolues d’ici à 2025.

La raréfaction de l'or bleu devrait aussi nous faire prendre de plus en plus conscience que certains modes de vie ou habitudes de consommation ne sont tout simplement pas viables. Ainsi, la production d'agrocarburants, qui requiert une immense quantité d'eau pour la culture des plantes destinées à «nourrir» les autos, devrait être de plus en plus critiquée.

Autre sujet de controverse: notre consommation de viande, l'élevage du bétail étant l'un des secteurs les plus polluants qui soit, avec près de 20 % des émissions annuelles de GES, soit plus que tous les avions, autos et camions réunis.

De même, 2010 pourrait être l'année où nous déciderons que notre consommation de poisson doit être réorientée vers d'autres espèces que celles que nous achetons aujourd'hui.

Encore bien souvent synonyme d'atteinte aux écosystèmes, l'aquaculture devrait accélérer sa modernisation en vue d'amoindrir son impact environnemental tout en étant économiquement viable.

Texte: Rémi Maillard