Un récent sondage révèle que les travailleurs canadiens ont beaucoup de mal à économiser en vue de leur retraite. Pour les experts en planification financière, il est temps de resserrer les cordons de la bourse.
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La majorité des travailleurs canadiens épargnent entre 1 et 10 % de leur salaire, nous apprend un sondage publié le 13 septembre par l’Association canadienne de la paie (ACP).
Mené auprès de 2 766 employés de l’ensemble du pays, il indique que 32 % d’entre eux économisent entre 1 et 5 % de leur paie nette, que 25 % en mettent de côté de 6 à 10 % et que 15 %... n’économisent rien du tout.
Problème, épargner moins de 10 % par an est insuffisant, de l’avis des experts en planification financière.
« Dix pour cent chaque année est assurément le minimum, estime William André Nadeau, président-fondateur d’Orientation Finance, une firme spécialisée en gestion de portefeuille.
Mais si l’on veut s’assurer une retraite confortable, c’est-à-dire garder le même niveau de vie une fois retraité, il faut viser 15 % pendant 25 ans au moins. »
« Un changement d’attitude est primordial »
Cet objectif, les Canadiens sont beaucoup moins nombreux à l’atteindre : d’après l’enquête de l’ACP, 10 % des sondés épargnent de 11 à 15 % de leur salaire, et 7 % de 16 à 20 %. Ces chiffres n’étonnent nullement l’expert, qui constate ce phénomène depuis de nombreuses années.
« Les gens épargnaient plus il y a 50 ans, mais la société de consommation a déplacé les préoccupations : on privilégie la satisfaction des désirs à l’instant présent plutôt que la planification à long terme. Un changement d’attitude est aujourd’hui primordial », insiste-t-il.
Car se contenter des seules prestations gouvernementales est risqué, puisqu’elles ne sont pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie. Qu’est-ce qui attend les Canadiens les moins prévoyants ou ceux qui ne peuvent tout simplement pas mettre de l’argent de côté ?
Appauvrissement majeur, impossibilité de profiter de leur retraite comme ils l’auraient souhaité (voyages, etc.), difficultés à se faire soigner, dépendance chronique à l’État, etc.
Pour William André Nadeau, la situation exige des mesures radicales : « Outre l’encouragement à une culture d’épargne volontaire, l’épargne forcée doit être accrue. Je pense à une augmentation graduelle du taux de contribution à la Régie des rentes, car il est aujourd’hui beaucoup trop faible, selon moi. »
Il ressort effectivement du sondage de l’ACP que les bonnes intentions ne suffisent pas toujours : 60 % des personnes interrogées affirment avoir tenté d’économiser plus d’argent qu’il y a un an, mais plus de la moitié d’entre elles ont été incapables de réaliser cet objectif.
La situation est d’autant plus alarmante que 59 % des sondés affirment qu’ils rencontreraient des difficultés financières si leur chèque de paie leur était remis une seule semaine en retard. En clair, la majorité des travailleurs canadiens vit littéralement d’un chèque de paie à l’autre ! La place de l’épargne reste donc clairement à faire.
Pour consulter l’ensemble des résultats du sondage (PDF en anglais)
Des taux d’épargne en chute libre depuis 30 ans
Les taux d’épargne des ménages canadiens sont en recul continu depuis le
début des années 1980.
Selon les données de Statistique Canada, le taux
d’épargne personnel au pays représentait 20,2 % des revenus en 1982,
contre 3,7 % en 2008.
Au Québec, ce taux s’établissait à 19,4 % en 1982
et à 2,2 % en 2008.
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