Photo: www.uniprix.com
Maladie du baiser, diarrhée du voyageur, acné, gastroentérite : rien n’est tabou pour le pharmacien-vedette d’Uniprix, Charles Milliard. Souriant et posé, il renforce l’image d’expert de la santé que cultive la chaîne de pharmacies.
Le pharmacien Charles Milliard s’est fait connaître, à la rentrée télé 2010, dans les capsules télévisées «Les petits trucs d’Uniprix, ça fait du bien». Tous les lundis, pendant une pause de l’émission Les Parent, à Radio-Canada, il causait poux, engelures, allergies ou tabagisme. En expliquant, chaque fois, le problème et la façon d’y remédier. On est loin des promos de la semaine!
«Ça change du discours habituel très commercial des compagnies, mais ce genre de message n’est pas fait de façon désintéressée. L’organisation espère en retirer des bénéfices», assure Anne Guérinel, chargée de cours au Département de marketing de l’Université de Sherbrooke.
Voir loin
Informer permet entre autres à une entreprise d’asseoir sa crédibilité, d’entretenir un lien de confiance avec ses clients et, à long terme, d’en attirer des nouveaux. Ainsi, le site d’éducation financière Jecomprends.ca de la Banque Nationale présente une foule d’informations sur les placements, la retraite, le budget, etc. Une partie de ce contenu est d’ailleurs fournie par l’équipe de Protégez-Vous. «Pour les consommateurs, la crédibilité est extrêmement importante, particulièrement en ce qui concerne une institution financière», affirme Marie J. Lachance, professeure titulaire de sciences de la consommation à l’Université Laval.
Jecomprends.ca a vu le jour à la suite d’une sanction de l’Autorité des marchés financiers (AMF): après la dérive des papiers commerciaux adossés à des actifs, la Banque Nationale s’est engagée à investir quatre millions dans une campagne d’éducation financière en plus de verser 70 millions à l’AMF. L’institution y trouve toutefois son compte. «Des gens pourraient consulter le site, trouver l’information pertinente, développer une attitude positive envers la banque et, éventuellement, faire affaire avec elle», explique Anne Guérinel.
Parfois, l’intérêt est à plus court terme. Par exemple, avec son magazine Inspirés qui regorge de recettes et d’information nutritionnelle, IGA se positionne comme un spécialiste de l’alimentation, des tablettes à la table. Mais la compagnie espère aussi faire mousser les ventes de ses marques maison en proposant des plats qui les mettent en valeur. «Si une recette propose de mariner des brochettes dans une vinaigrette spéciale Compliments, le consommateur doit aller chez IGA, car il n’est pas certain de trouver l’équivalent ailleurs», illustre Marie J. Lachance.
Pub 2.0
Le phénomène est loin d’être nouveau, mais il est en croissance depuis l’avènement des médias sociaux, selon Anne Guérinel. «Le Web 2.0 est basé sur l’échange. Les gens n’iront pas sur une page Facebook juste pour se faire dire qu’un produit est meilleur qu’un autre. Le contenu informatif est une façon de créer un dialogue.» Par exemple, les consommateurs peuvent aller sur la page d’Uniprix et poursuivre la conversation sur la capsule de la semaine, ajouter leurs propres conseils, etc.
Peut-on se fier aux informations qui émanent des compagnies? «Si une entreprise se lance dans ce genre d’opération, elle a intérêt à bien le faire», estime Anne Guérinel. Distribuer une information erronée ou biaisée serait mal avisé. Mais mieux vaut quand même garder en tête que la démarche n’est pas tout à fait désintéressée!