Des questions à se poser
L’hypothèque inversée vous séduit parce que vous n’avez pas les moyens de payer les mensualités d’un emprunt classique? C’est là qu’il faut se poser plusieurs questions.
Vaudrait-il mieux vendre, acheter plus petit et utiliser l’excédent? Tenez-vous vraiment à léguer une fortune à vos héritiers? Après avoir dépensé en quatre ans les 80 000 $ de l’hypothèque inversée, vous retrouverez-vous à la case départ avec une quinzaine d’années à vivre?
Pour démêler tout ça, les conseils d’un spécialiste sont peut-être indiqués. Rogner sur sa fortune, dont sa maison, n’est pas nécessairement une erreur, écrit Éric Brassard, planificateur financier et associé au cabinet Brassard Goulet Yargeau.
«À un certain moment de la retraite, cette éventualité survient, à moins que l’objectif soit de léguer un héritage important à ses proches. Mais l’effritement du capital doit être bien planifié, de façon à ce que le rentier puisse profiter de revenus raisonnables toute sa vie», explique-t-il.
Selon lui, c’est souvent l’option retenue par des gens en mauvaise posture financière et qui ont mal planifié leur retraite. Même les concurrents du CHIP ne vont pas jusqu’à accuser l’entreprise de faire de l’argent sur le dos des aînés.
«Souvent, le CHIP prête de l’argent dont il ne voit pas la couleur avant une quinzaine d’années, contrairement à nous qui sommes remboursés graduellement», dit Colette Blais, conseillère au développement, crédit hypothécaire, chez Desjardins.
Si la coopérative québécoise a décidé de ne pas offrir d’hypothèques inversées, elle cherche encore et toujours la bonne méthode pour aller chercher cette part de marché croissante que sont les services aux personnes âgées. Parce que la vieillesse, c’est l’avenir!