Plusieurs observateurs estiment que le Québec est arriéré en matière de protection des animaux. La province ferait figure de parent pauvre non seulement par rapport au Canada, mais aussi de l’Amérique du Nord.
«Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord à faire affaire avec des fourrières à but lucratif. Or, leur intérêt est d'éliminer un maximum d'animaux le plus rapidement possible. Ça leur coûte moins cher que de s'en occuper», explique Gabriel Villeneuve, directeur de campagnes de la SPA Canada. Laissées à elles-mêmes, ces fourrières rognent sur les soins vétérinaires comme les sédatifs avant l’euthanasie, bref, elles coupent sur les soins et les services de base et enchainent les injections létales les unes après les autres.
La SPCA de Montréal va dans le même sens: «Il est possible de faire beaucoup plus au Québec. Tout d’abord, améliorer la loi québécoise pour que les fourrières ne profitent plus des trous qui s’y trouvent. Prenez l'exemple du Delaware et du Rhodes Island aux États-Unis. Ils encadrent les fourrières à l'échelle nationale», observe Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal.
La Dr Caroline De Jaham, présidente d’Anima Québec, ne croit pas que les fourrières à but lucratif sont au cœur du problème et estime que la question animale fait son chemin au Québec: «Preuve que les élus écoutent de plus en plus, Anima Québec est passé de 3 à 40 inspecteurs depuis l’année dernière. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) a aussi signé des ententes avec 13 refuges pour effectuer des stérilisations à moindre coût. Le ministère dévoilera d’ailleurs sa Stratégie sur le bien-être animal le 1er juin prochain», dit-elle. Mais comment se fait-il que l’organisme n’ait pas découvert avant les actes de cruauté qui sont reprochés au Berger Blanc? «Nous travaillons dans l’ombre, c’est vrai. Nous montons des dossiers au pénal et nous sommes tenus à la confidentialité», note la Dr De Jaham.