X

Vous avez une tablette?

Vous pouvez maintenant lire Protégez-Vous directement sur notre application iPad

Vous avez une tablette?

Vous pouvez maintenant lire Protégez-Vous directement sur notre application Android

Bulletin et alertes Fils RSS Google+ Facebook Twitter Suivez-nous

Texte normal Texte moyen Texte grand

  • Imprimer
Fermer
Suivez ce dossier
Fermer
Suivez ce dossier par courriel

Afin de recevoir les discussions, commentaires et nouveautés en lien avec ce dossier, vous devez vous inscrire au site (gratuit) ou encore mieux vous abonner.

Si vous êtes déjà inscrit ou abonné, .

Fourrières privées: le Québec, arriéré

Par Lise Bergeron

Mise en ligne : mai 2011

Plusieurs observateurs estiment que le Québec est arriéré en matière de protection des animaux. La province ferait figure de parent pauvre non seulement par rapport au Canada, mais aussi de l’Amérique du Nord.

«Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord à faire affaire avec des fourrières à but lucratif. Or, leur intérêt est d'éliminer un maximum d'animaux le plus rapidement possible. Ça leur coûte moins cher que de s'en occuper», explique Gabriel Villeneuve, directeur de campagnes de la SPA Canada. Laissées à elles-mêmes, ces fourrières rognent sur les soins vétérinaires comme les sédatifs avant l’euthanasie, bref, elles coupent sur les soins et les services de base et enchainent les injections létales les unes après les autres.

La SPCA de Montréal va dans le même sens: «Il est possible de faire beaucoup plus au Québec. Tout d’abord, améliorer la loi québécoise pour que les fourrières ne profitent plus des trous qui s’y trouvent. Prenez l'exemple du Delaware et du Rhodes Island aux États-Unis. Ils encadrent les fourrières à l'échelle nationale», observe Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal.

La Dr Caroline De Jaham, présidente d’Anima Québec, ne croit pas que les fourrières à but lucratif sont au cœur du problème et estime que la question animale fait son chemin au Québec: «Preuve que les élus écoutent de plus en plus, Anima Québec est passé de 3 à 40 inspecteurs depuis l’année dernière. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) a aussi signé des ententes avec 13 refuges pour effectuer des stérilisations à moindre coût. Le ministère dévoilera d’ailleurs sa Stratégie sur le bien-être animal le 1er juin prochain», dit-elle. Mais comment se fait-il que l’organisme n’ait pas découvert avant les actes de cruauté qui sont reprochés au Berger Blanc? «Nous travaillons dans l’ombre, c’est vrai. Nous montons des dossiers au pénal et nous sommes tenus à la confidentialité», note la Dr De Jaham.


Refaire nos devoirs

Alanna Devine va plus loin: «Le modèle actuel est à repenser complètement. L'idée même de fourrières à but lucratif n'a aucun sens. Ces entreprises profitent de la surpopulation animale. L’argent qu’on leur donne doit servir à éduquer et sensibiliser la population, à stériliser les animaux errants, à mettre sur pied des refuges bien encadrés. Pas à subventionner de l'euthanasie de masse!», dit-elle.

Car plus il y de chiens et de chats à «contrôler», plus c'est payant pour les fourrières, puisque les contrats sont basés sur le nombre d'animaux à «traiter». C’est ainsi que, de fois en fois, le montant des contrats augmente notablement: «Dans Hochelaga-Maisonneuve, qui se classe au premier rang des abandons d’animaux, le plus récent contrat donné au Berger Blanc a augmenté de 69 % par rapport au précédent. Le nombre d’animaux abandonnés est en progression constante, et comme le Berger Blanc est seul dans la course, il a beau jeu d’augmenter ses prix», dit Isabelle Poitras, la citoyenne à l’origine du reportage d’Enquête.

S'inspirer de Calgary... et de Verdun!

La ville de Calgary, en Alberta, a réussi à réduire considérablement les euthanasies sur son territoire. La ville est passée de milliers d’animaux tués par année à… 200. Une véritable réussite, comme à Toronto et à Vancouver d’ailleurs. Comment y est-elle arrivée? En faisant du contrôle animal un service public, comme le sont les bibliothèques ou les piscines. Même système à Toronto, où le prix des médailles varie selon que l’animal est stérilisé ou non et où quatre centres animaliers gérés par la Ville s’occupent des animaux perdus et abandonnés.

À Montréal, la situation semble évoluer lentement. La SPCA de Montréal vient tout juste de conclure une entente de partenariat avec l'arrondissement de Verdun, qui s'engage dans une gestion plus humaine des animaux. Il y a deux ans, Verdun octroyait encore des contrats à des fourrières qui vendent des animaux non stérilisés et utilisent la chambre à gaz pour les euthanasies.

De concert avec la SPCA, l'arrondissement entend responsabiliser et éduquer les citoyens. Parmi les mesures adoptées, on compte: la stérilisation des animaux errants, l'interdiction de vendre, d'annoncer ou de donner des animaux non stérilisés, l'imposition d'une llimite du nombre d'animaux non stérilisés qu'une personne peut avoir.

SPCA vs Berger Blanc: les différences

Les refuges et fourrières pour animaux diffèrent selon qu’ils sont à but lucratif ou non. Comment se distinguent les deux services? D’abord, dans leur mission: la SPCA et ses bénévoles ont pour but premier de venir en aide aux animaux, d’en réduire la surpopulation, de sensibiliser le public et les gouvernements à la question, de recueillir et de faire adopter les animaux abandonnés. Les animaux qui y sont adoptés sont stérilisés et munis d’une micropuce afin de retracer leur maître en cas de perte. Ainsi, tout animal errant qui arrive à la SPCA de Montréal est «scanné» avant d’être pris en charge par le refuge; des bénévoles travaillent aussi à retrouver les propriétaires du chien ou du chat perdu. L’animal est ensuite évalué et mis en adoption si personne ne le réclame. Une seconde équipe de bénévoles s’occupent quant à elle de prendre les animaux en photo et de publier leur fiche d’identité sur le site Petfinder pour qu’ils soient adoptés.

Le Berger Blanc, quant à lui, ne dispose d’aucun lecteur à infrarouge pour identifier les animaux, n’offre pas de service de stérilisation ni de recherche des propriétaires d’animaux; il n’a pas de programme d’éducation ni de sensibilisation et ne participe pas au renforcement des lois et règlements entourant le bien-être animal. Il n’est pas possible non plus de consulter sur son site un répertoire électronique d’animaux à adopter. Pour en savoir plus, consultez la section «FAQ» de la SPCA de Montréal ainsi que la section «Nouvelles» de la SPA de Québec.

Plus de 100 000 animaux abandonnés chaque année

«Le cas du Berger Blanc est emblématique du rapport tordu que le Québec entretient avec les animaux.», Pr Carl Saucier-Bouffard, professeur d’éthique animale au collège Dawson, à Montréal,et chercheur associé à l’Université d’Oxford en Angleterre. La surpopulation animale n’est pas nouvelle, mais la situation empire d’année en année. Les refuges pour chiens et chats – soutenus à bout de bras par d’héroïques citoyens – débordent d’animaux jeunes et en pleine santé en attente d’un nouveau foyer. «Nous sommes au cœur d’un véritable cercle vicieux: on craque pour un chiot à l’animalerie – qui provient souvent d’une usine à chiots – en sous-estimant le temps, l’argent et l’engagement que ça implique», dit le Pr Carl Saucier-Bouffard.

Résultat: derrière les portes closes des fourrières de la région métropolitaine, pas moins de 50 000 chats et chiens sont abandonnés chaque année, et le total grimpe à 100 000 sur le territoire du Québec. Maîtres irresponsables, accès facile aux animaux et laxisme des pouvoirs publics sont pointés du doigt. «Le Québec remporte la palme des usines à chiots en Amérique du Nord. Non seulement de ça, mais de l’exploitation commerciale des animaux pour la fourrure et la vivisection notamment», dit Gabriel Villeneuve, de la SPA Canada.

Pour endiguer le problème, plusieurs observateurs estiment qu’il faut encadrer plus sévèrement la vente d’animaux de compagnie. «On considère les animaux comme des objets de consommation jetables après usage. Or, ce sont des êtres vivants qui ont des besoins fondamentaux, qui éprouvent la faim, la peur ou la douleur. Quand on les observe, qu’on apprend à les connaitre et qu’on réalise qu’ils nous surpassent à plusieurs égards, on ne peut que les trouver magnifiques. Nous leur devons le plus grand respect», conclut le Pr Carl Saucier-Bouffard.

Suivez ce dossier
Fermer
Suivez ce dossier par courriel

Afin de recevoir les discussions, commentaires et nouveautés en lien avec ce dossier, vous devez vous inscrire au site (gratuit) ou encore mieux vous abonner.

Si vous êtes déjà inscrit ou abonné, .

Commentaires

9

Réagissez!

Fermer
Connexion
 

L'envoi de commentaires est réservé à nos abonnés web.

Vous êtes abonné? Connectez-vous ici. Pas encore abonné? Voyez nos offres ici.

Commentaires du plus récent au plus ancien

  • 17 févr. 2014
    Fermer
    Participation de Sylvie Goulet

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Sylvie Goulet
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 1 )

    On est en 2014, je reviens sur le sujet. Le Berger blanc a fait quelques changements depuis, mais c'est insuffisant. Ils ont une page pour les animaux en adoption et une pour les animaux errants. Cependant, ils n'affichent pas les prix des animaux en adoption, ils n'affichent pas non plus les frais si quelqu'un leur amène un animal, ni les frais pour récupérer un animal qu'on avait perdu et le téléphone au sujet adoption, les informations n'y sont pas non plus. Ils n'ont pas de dispositions pour faire le moins d'euthanasies possible (pas de familles d'accueil, pas de prix spéciaux pour les autres refuges qui les prendraient avant euthanasie, pas d'annonce de prix réduits pour animaux plus vieux ou moins adoptables). Ils n'ont pas non plus de bénévoles, je doute que les chiens prennent l'exercice dont ils ont besoin. Ils n'ont pas d'informations sur les animaux, seulement sexe, âge, stérilisé ou non. Et ils ne font pas de stérilisations, donc contribuent à la surpopulation en les revendant non stérilisés. Est-ce vrai qu'un nouveau centre pour animaux va être construit et que c'est possible que ce soit le Berger blanc qui s'en occupe? C'est difficile à comprendre que les villes le choisissent...

    • 8 mars 2014
      Fermer
      Participation de GERARD LESSARD

      Commentaires publiés : 31

      Discussions publiées : 4

      Par GERARD LESSARD
      (Collaborateur)

      Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 0 )

      Il en a été plus ou moins question l'année dernière mais vous savez comment c'est, si le sujet n'est plus d'actualité ça traîne de la patte ( C'est le cas de le dire ! )

  • 4 oct. 2011
    Fermer
    Participation de Isabelle gagnon

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Isabelle gagnon
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 2 )

    Il est urgent que le Québec change profondément sa relation avec les animaux. Je donne de l'argent à chaque année à Stéri-Animal qui s'occupe de stériliser les chats errants et les retourner dans leur environnement. Il a été prouvé que cette méthode est la plus efficace pour réduire la population.
    J'aime bien le travail de la SPCA mais j'ai un petit bémol. En mars 2008 j'ai adopté mon chat Mackie (2 ans) à la SPCA. Il a été micro-pucé mais il n'était pas opéré. Le prix chargé par la SPCA incluait les frais de la stérilisation avec leur vétérinaire. Je devais moi-même le contacter. Pour ma part, je préférais faire affaire avec mon propre vétérinaire même si je devais payer pour l'opération. Je lui ai demandé un certificat de stérilisation pour Mackie. Personne à la SPCA n'a fait de suivi pour vérifier si j'avais bel et bien fait opéré mon chat. Je ne sais pas si les pratiques ont changé depuis mais ça m'a déçue. Une personne aurait bien pu décider que c'était "trop de trouble" et juste pas faire stériliser le chat sans aucune conséquence.

  • 10 juin 2011
    Fermer
    Participation de LINDA ST-LOUIS

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par LINDA ST-LOUIS
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 6 )

    Les gens S'indignent de la façon sont on traite les animaux mais ils n'ont qu'à y penser à 2 fois lorsque vient le temps de s'en procurer un. Ce qui arrive à ces animaux est de notre faute. On devrait faire une petite enquête sur les gens avant qu'ils ne se procurent l'animal: le gros berger allemand tant convoité sera enfermé dans un appart toute la journée ou il sera dans une maison avec un grand terrain? Les gens ont-ils eu d'autres animaux avant si oui combien de temps? On-t'ils les moyens financiers de le nourrir et le soigner? Le faire opérer obligatoirement à moins d'être un éleveur etc. On aurait surement moins d'animaux en détresse ainsi même si ça ne réglerait pas le cas des gens qui pensent qu'un animal ça dure un an et demi et que c'est jetable!

  • 3 juin 2011
    Fermer
    Participation de GERARD LESSARD

    Commentaires publiés : 31

    Discussions publiées : 4

    Par GERARD LESSARD
    (Collaborateur)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 8 )

    Peut être que la Dr De Jaham est tenue à la confidentialité, mais jusqu'ici aucune accusations de cruauté animal n'a été portée contre les proprio du Berger blanc alors que c'est bel et bien de la cruauté envers les animaux qui se produisait à cet endroit !!!

    Et ce quotidiennement !!! De façon institutionnalisée et au vu et au su des proprio car n'en doutez pas, l'employé agissait sous leurs ordres, même si hypocritement, ils prétendaient le contraire dans le reportage !!!

    Je ne vois pas un simple employé agir ainsi de lui-même sans que d'autres employés ne se soient plaints aux proprios !!!!

    Il est évident qu'il agissait sous leurs ordres car en plus, les seuls qui profitaient de cette façon de faire.............. sont justement les proprios !!!


    À quand des accusations en bonne et due forme ????

  • 20 mai 2011
    Fermer
    Participation de NICOLE ROY

    Commentaires publiés : 1

    Discussions publiées : Non disponible

    Par NICOLE ROY
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 9 )

    C'est ça qu'on appelle une société distincte! C'est urgent que le gouvernement réagisse à ce fléau que constitue la cruauté animale. L'affaire du Berger blanc a ceci de bon qu'elle a réveillé plusieurs citoyens à l'irresponsabilité des Québécois qui achètent des animaux de compagnie comme ils achètent un bien de consommation.



  • 13 mai 2011
    Fermer
    Participation de ALAIN DUBOIS

    Commentaires publiés : 3

    Discussions publiées : Non disponible

    Par ALAIN DUBOIS
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 20 )

    On reconnait la valeur d'une société par la façon qu'elle traite les animaux...

  • 13 mai 2011
    Fermer
    Participation de Sylvain David

    Commentaires publiés : Non disponible

    Discussions publiées : Non disponible

    Par Sylvain David
    (Participant occasionnel)

    Commentaire pertinent Je trouve ce commentaire pertinent 26 )

    À deux reprises mon fils a rapporté un chien à la maison, la première fois, un magnifique boxer et la deuxième fois un labernois parfait en tout point. À chaque fois j'ai communiqué avec le berger blanc afin de savoir s'il y avait quelqu'un qui réclamait ces chiens et ils me répondaient qu'ils ne faisaient pas le suivi des chiens perdus, ils n'ont jamais voulu prendre mon numéro de téléphone au cas ou le propriètaire de l'animal se manifesterait...

    Finalement nous avons affiché des annonces à différents endroits du quartier et c'est grace aux différenst vétérinaires que dans les deux cas après quelques jours nous avons retrouvé les propirétaires.

    Ma conjointe et moi avons déja été voir les animaux en adoption au berger blanc... J'ai un chien à la maison et je souhaite de tout coeur que jamais il ne se retrouve au berger blanc...

    Problème, nous sommes de Terrebonne, pourquoi n'y a t-il pas d'autres alternatives pour les banlieue que le berger blanc ???

    Il serait grand temps que le gouvernement réagisse et instaure des établissements controlés (sévèrement s'il le faut)et non à but lucratif !!!

    Dans le passé, j'ai à quelques reprises fait affaire avec la SPCA et pour ma part, à chaque fois, j'ai été très satisfait, alors SVP réagissez...

    Sylvain I.

Retour à l'article


Promotion iPad