Une ressource qui s'épuise
Illustration : Luc Melanson
L’être humain utilise le pétrole et les autres ressources
naturelles comme si demain n’existait pas.
La croissance à tout prix tire-t-elle à sa fin ?
Capitalisme oblige, la croissance
économique est une obsession.
Le produit intérieur brut (PIB)
doit croître, martèlent les économistes
et les chefs d’État.
Or,
la planète se réchauffe et s’essouffle. La
biodiversité diminue rapidement. La surpêche
épuise les stocks de poissons.
Selon
le World Wildlife Fund, l’empreinte écologique
moyenne de l’humanité dépasse
de 30 % la capacité des écosystèmes de
la planète. Si tous les humains consommaient
comme les Nord-Américains, il
nous faudrait de quatre à cinq planètes.
L’exemple le plus frappant de l’épuisement
des ressources est sans doute
le pétrole conventionnel (tiré des puits
pétroliers), une source d’énergie non
renouvelable dont la production semble
approcher de son niveau maximal alors
que la demande ne cesse de croître.
Selon
plusieurs spécialistes, la production se
maintiendra à un plateau durant encore
quelques années avant de décroître.
Fonçons-nous à toute vitesse vers
un mur ? Plusieurs pensent que oui.
Le Pentagone estime que le surplus de
capacité de production de pétrole pourrait
disparaître entièrement dès 2012.
C’est le cas de Serge Mongeau, l’un des
fondateurs des Éditions Écosociété et
le « père » de la simplicité volontaire au
Québec. Selon lui, la décroissance économique
arrivera, qu’on le veuille ou
non :
« La réalité nous atteindra d’abord
avec la fin du pétrole à bas prix. Les
puits qui nous fournissent du pétrole
facilement exploitable s’épuisent très
rapidement, alors que la demande continue
à croître ».
« On a eu un petit répit avec
la crise économique, mais la demande va
recommencer à augmenter très bientôt,
avec une hausse importante du prix
du pétrole. Or, le pétrole a un impact
majeur sur tous les aspects de nos vies », souligne-t-il.
En effet, l’or noir joue un rôle clé dans
le système économique actuel et dans
la vie des consommateurs, particulièrement
dans les domaines du transport, de
l’agriculture industrielle (machinerie et
engrais) et de la fabrication (plastiques
et autres produits dérivés).
En bout de
ligne, la hausse du prix du pétrole est
refilée au consommateur, non seulement
à la pompe, mais aussi dans le commerce
de détail et à l’épicerie.
Le pétrole à faible coût a permis
la mondialisation du commerce. Aujourd’hui, on pêche du saumon en
Norvège et on le transforme en Chine
avant de le vendre en Europe ou en
Amérique du Nord.
Selon Jeff Rubin,
ancien économiste en chef de Marchés
mondiaux CIBC, l’atteinte du pic pétrolier
et la hausse du prix du pétrole
mèneront à des économies plus locales,
comme il l’explique en détail dans
son livre Demain, un tout petit monde :
Comment le pétrole entraînera la fin
de la mondialisation.