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Consommation au Panama

Par Aude Marie Marcoux

Mise en ligne : octobre 2008


Des percées, des défis

Sur l’avenue Central, des centaines de stands improvisés jouent du coude pour vendre des billets de loterie, des gadgets, des vêtements, des fruits, mais surtout des téléphones cellulaires en quantité.

L’usage du portable est en effet fort populaire chez les Panaméens. Mais certains fournisseurs exagèrent.

C’est le cas de Cable & Wireless Panama qui, de 2003 à 2005, a facturé le tarif d’une minute pour chaque tranche de 40 secondes utilisée. Pour la première fois dans l’histoire du Panama, les tribunaux ont autorisé un recours collectif, et pour Me Fletcher, qui représente les plaignants, il s’agit là d’une grande victoire.

Mais selon l’avocat, les principaux défis demeurent la nécessité de faire connaître aux consommateurs leurs droits et de bâtir un système de protection qui implique tous les organismes publics tels que le ministère de la Santé et l’Autorité nationale des services publics.


Au quotidien


Si le Panama affiche une croissance record, cette effervescence économique ne se reflète pas dans la vie quotidienne du plus grand nombre.

Dans ce petit pays d’un peu plus de trois millions d’habitants, 20 % de la population détient 60 % des richesses, et 66 % des travailleurs gagnent un salaire inférieur ou égal à 400 balboas par mois.

C’est donc dire que deux mondes se côtoient: un monde urbain plus ou moins prospère en bordure du canal, et un monde rural vivant dans l’extrême pauvreté, remarque Me Julia Alonso.

«Même à l’intérieur du monde urbain, dit-elle, seule une petite partie de la population (8 %) a des revenus suf­fisants pour mener une vie décente et ne pas être endettée jusqu’au cou. Ce ne sont pas les pauvres paysans (30 %) ou les Indiens (10 %) de l’intérieur du pays qui iront se plaindre à l’Autorité, car ils sont bien contents que des commerçants fréquentent leurs bourgades pour y vendre des produits, même s’ils les vendent souvent à des prix exorbitants. De grands progrès restent à faire.»