C’est vrai, les REER constituent des outils d’épargne efficace. Mais ils ne conviennent pas à toutes les situations.
Les planificateurs financiers ne cessent de le répéter: le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) est bien conçu et avantageux, et constitue à l’heure actuelle le meilleur moyen d’épargner pour la majorité des gens. «Mais enfin, pourquoi voudrait-on ne pas cotiser à un REER? Je ne vois pas de raison de s’en passer», lance Nathalie Bachand, planificatrice financière chez Bachand, Lafleur, Preston.
Rappelons que le produit offre en effet un triple avantage:
- Il permet de réaliser une économie d’impôt à court terme, puisque tout montant investi dans un REER est déduit de votre revenu annuel;
- Les gains engendrés par vos placements sont à l’abri du fisc;
- Une fois à la retraite, les retraits seront imposables, mais à un taux moins élevé que pendant votre vie active, puisque votre fardeau fiscal est généralement moins important.
Pas toujours l’idéal
«Mais dans certains cas, le REER peut devenir moins intéressant, par exemple si votre taux d’imposition à la retraite est égal ou supérieur à celui qui vous était appliqué pendant votre vie active», indique Nathalie Bachand. Ce n’est pas très courant, mais ce peut être le cas, par exemple, pour un chef d’entreprise retraité qui continue à percevoir des dividendes de la société en tant qu’actionnaire.
Dans d’autres situations, mieux vaut carrément l’éviter: « Pour les personnes qui ont de bas revenus, soit, en gros, moins de 25 000 $ par an, ça ne vaut pas la peine», prévient Josée Jeffrey, planificatrice financière et fiscaliste à Focus Retraite & Fiscalité inc. En effet, non seulement cotiser à un REER ne réduirait pas de manière significative leur niveau d’imposition déjà peu élevé, mais en plus elles risquent de voir diminuer les prestations que leur octroient les régimes publics de retraite au moment des retraits. D’autres formes d’épargne, comme le CELI, pourraient alors être préférables.
Autre question qui mérite réflexion: vaut-il mieux s’occuper de ses dettes avant de cotiser à un REER? Pour Denis Preston, formateur et consultant en gestion des risques chez Bachand, Lafleur, Preston, accélérer le remboursement d’un emprunt hypothécaire, par exemple, peut se révéler bien plus payant: «Imaginons que le rendement de mon REER est de 2 % et le taux de mon emprunt hypothécaire de 4 %. Je suis mieux de rembourser plus vite mon emprunt à 4 %.»
À lire
La pyramide financière, mai 2011.